Il y a "moi", et "les autres". Quand je pense que tous les autres ont un "moi", ça me fout le vertige !
Non non, ceci n'est pas de la psychologie de bistrot, mais a encore moins la prétention d'avoir un quelconque intérêt, psychanalytique ou autre... (Disons-le franchement, ce que je vais écrire n'a AUCUN intérêt... -___- Et en plus, mes propos n'engagent que moi... et encore...) D'ailleurs je sais que rare seront ceux qui auront l'audace de me lire en entier ! Faut dire qu'il faut être sacrement fêlé ! ^.^
Je pense qu'on a tous notre petit monde intérieur, un dialogue privé et permanent avec nous-mêmes, on l'on se dit ce que l'on pense de ci ou ça, de lui ou elle... Pour des raisons diverses, on ne se dévoile jamais totalement aux autres, "ça l'fait pas", et encore moins au premier venu. Je trouve que ça rend les relations entre les gens passionnantes... Ce dosage entre ce que l'on laisse paraître, ce que l'on garde secret, ce que l'on essaye de paraître, ce qui transparaît malgré tous nos efforts, ce que les autres CROIENT voir transparaître alors qu'ils se trompent, ce sur quoi nous nous trompons, etc...
Je suis TRÈS timide, même si ça fait rire certains qui ne me croient pas, et ça a diverses conséquences sur lesquelles je ne m'étalerai pas ici... Mais cette timidité fait que la plupart de mes conversations sont pour moi presque de l'aventure, surtout si c'est avec une fille (ben quoi ? ^.-), surtout si elle est jolie (c'est pas parce que j'ai l'air à l'aise que vous êtes moche...), surtout si c'est la première fois que je parle avec une personne donnée... J'adore voir comment quelqu'un se comporte en parlant avec moi ou même quelqu'un d'autre les premières fois, voir s'il ou elle a l'air de me faire confiance, si elle m'accueille limite agressive, méfiante, indifférente, souriante, taquine, etc... J'aime voir à quelle vitesse le "moi" des autres s'offre au mien, et à quel débit...
Tout ce blabla pour dire qu'on a tous plus ou moins d'affinités avec certaines personnes, parfois les apparences font qu'on a des a priori sur quelqu'un, justifiés ou éliminés une fois qu'on fait plus ample connaissance... Je suis conscient des a priori que je peux laisser aux gens, et je me réjouis souvent de les voir doucement se rendre compte que je ne suis pas celui qu'ils pensaient voir... J'aime aussi vivre la situation inverse, si c'est dans le sens positif...
Il y a des gens avec qui l'on prend toujours un immense plaisir à parler, d'autres avec qui l'on s'ennuie poliment, d'autres dont on ne partage aucun point de vue, certains avec qui la complicité est tout de suite présente, et dure, ou s'éteint (pour ma part je n'ai jamais vu s'éteindre une complicité qui est née comme un coup de foudre...), d'autres envers qui ont éprouve un mépris profond, d'autres encore avec qui l'on prend simplement plaisir à parler de temps en temps, mais sans en faire une amitié forte... Il y a les gens que l'on met beaucoup de temps à apprécier, et d'autres à déprécier, il y a une infinité de cas que je n'énonce pas ici...
Il y a certains cas, parmi les plus terribles, où l'on rencontre quelqu'un par hasard, on commence à parler et tout de suite le dialogue est saisissant, passionnant, plein de sourire et de bonne humeur, plein de répondant, plein d'intérêt du "moi" pour "l'autre", de façon réciproque, et où les circonstances font que la relation est éphémère, quelques minutes, quelques heures, quelques jours parfois, et puis adieu...
Je me souviens d'elle, mi-japonaise, mi-américaine. Je me souviens de cette demi-heure, peut-être cette heure, à discuter avec elle, assis confortablement dans un fauteuil du Starbucks Coffee de la gare de Ueno. Si l'on avait pu, on aurait parlé non-stop en même temps, posant et répondant aux multiples questions de l'autre, parlant japonais, anglais, et ses prémisses de français. Si l'on avait pu, on serait resté là longtemps... Dans la gare se situait un magasin de tofu où elle devait partir travailler, c'était l'heure, c'était maintenant, c'était terrible...
Il y a ceux dont la photo et le souvenir ne parlent qu'à certains, il y a ceux que l'on rencontre à 12 000 km de chez soi, il y a ceux qui en une heure nous marquent à vie, il y a ceux qui en une vie nous marquent une heure, il y a ceux qu'on aimerait avoir dans sa vie jusqu'au bout, il y a ceux à qui l'on voudrait dévoiler tout son "moi" ou presque...
Photo : Elle, au Starbucks Coffee de Ueno, dans le coin de droite quand on entre par l'entrée principale. ^^